Midnight City – Rozenn Illiano

Synopsis :
Écrivain inconnu, Samuel rencontre le succès par hasard, et sa vie change du jour au lendemain – pas forcément pour le mieux, d’ailleurs. Introverti et grand timide, il se plie à sa nouvelle célébrité sans rechigner, rêvant pourtant de retrouver la quiétude de son anonymat.
Seulement un jour, il ne peut plus écrire : ses mots se sont enfuis, son imagination est à sec. Un peu par désespoir, Samuel accepte la proposition d’un mystérieux mécène qui lui offre tranquillité et ressources afin qu’il puisse retrouver la flamme.
Ce qui, en fin de compte, n’était pas une si bonne idée…

Mon avis

J’ai eu l’immense chance de pouvoir lire Midnight City après le lâcher de livre vagabond (mais ce n’est pas le livre vagabond puisque les 3 ont disparu des radars 😥 ) et avant la vente officielle du livre. J’ai suivi assez tardivement le cheminement de ce livre si particulier dans l’univers de Rozenn Illiano, ce qui n’a fait qu’attiser mon envie de le lire.

Un nouvel univers 
Habituée au novella et aux nouvelles de l’autrice, j’ai découvert son talent pour le roman aussi. En effet, court ou long, l’autrice maîtrise les différents formats et c’est un vrai plaisir de pouvoir se plonger dans des histoires « plus longues ».

Je pense avoir exploré par micro-bouts quasi tous les univers compris dans Le Plan de l’Onirographe (aka le Grand Projet) et Midnight City est, si je ne me trompe pas, ma première entrée dans le monde des « Tisseurs d’Encre ».
De plus, j’ai apprécié les liens, certes ténus mais présents avec les autres univers. C’est vraiment ce que j’adore avec ce Grand Projet c’est le lien présent entre chaque univers tout en restant indépendants mais avec des « notes » vers les autres univers : référence minuscule, présence d’un objet, une phrase, un personnage, un souffle de magie…

Des réflexions sur l’écriture et de très nombreux points communs avec l’autrice
Un des grands thèmes de ce roman est l’écriture mais aussi la publication, le partage des écrits.
On y trouve beaucoup de réflexions sur comment est-on réellement écrivain : faut-il oui ou non publier ses écrits, par quels moyens et si ça ne fonctionne pas et … Bref de nombreuses réflexions qui m’ont longuement intéressée n’étant QUE lectrice
On y a aussi des passages sur la « phobie de la page blanche » ou noire mais aussi et surtout sur le syndrome de l’imposteur… un sujet récurrent chez l’autrice dont j’ai suivi les articles sur son blog (lien en fin d’article) à ce sujet.
On retrouve aussi chez Sam mais aussi chez Roya, des points communs avec l’autrice : que ce soit des objets de sa vie, un chat dont le nom a été « modifié » ;), des odeurs décrites (odeur venue de bougie 😉 ) ou le fait de ne savoir écrire dans le silence et donc avoir des ambiances ou références musicales.

Des personnages riches et intéressants
J’ai vraiment apprécié les divers personnes et personnages.
Qu’ils soient dans le monde réel ou dans La Cité de Minuit, les personnages sont totalement humains.
En effet, ils ont su me toucher avec leurs nombreuses réflexions mais aussi avec leur sentiments qu’ils arrivent à transmettre.
J’ai vraiment été curieuse au sujet d’Adam et je suis contente d’avoir vu juste à sont sujet et même de le relier à un autre personnage « semblable mais différent » qui m’intrigue dans le Grand Projet. J’ai aimé suivre les réflexions et les sentiments (et même la déprime) de Samuel, la timidité excessive de Roya, ou encore le cheminement de Cyan ou la « sauvagerie » de la jolie funambule.
Même les personnages tertiaires sont intéressants. J’ai aimé croisé Sasha ou Tarek. Monsieur Xavier m’a intimidé par sa façon d’être, les membre du forum m’ont intrigué, sans oublié le marchand de sable ou d’autres Nocturnes.
On sent que quelque soit leur rôle dans l’histoire, ils ont un vécu, un présent et sans doute même un avenir en dehors de l’histoire de ce livre. Et surtout, ils n’hésitent pas à parler de leurs sentiments/ressenti (même si c’est pas toujours facile) et j’ai trouvé ça vraiment bien (parce que clairement dans la vie de tous les jours, c’est pas toujours facile d’exprimer ce qu’on ressent ! )

Le Marchand de sable et la Cité de Minuit ❤ toujours par Xavier Collette

Deux romans en un… Fantasy et fantastique
Ce roman n’en est pas un mais deux. Oui vous avez bien lu.
L’histoire de Sam, notre auteur inconnu devenu super connu, est entrecoupée de passages d’un autre roman qui n’est autre que Midnight City itself.
La première histoire est donc dans un contexte réel avec une pincée de fantastique… (cela est-il réel, ont-ils complètement déliré et inventé cela ? ) où l’on croise des personnages réels (?) tangibles avec des sentiments, des questionnements, des coups de cœurs, des incertitudes…
La seconde est comme un rêve, un magnifique rêve. En effet, l’univers est clairement onirique et c’est là que je retrouve encore plus la plume de l’autrice telle que je l’ai découverte la première fois dans Le Rêve du Prunellier (lien en fin d’article) Un univers magique, pas toujours tendre mais qui me fait toujours autant rêver.
Toutefois les deux histoires ne sont pas sans lien, elles sont au contraire plus liées qu’on ne le croit. Elles sont la résultante d’une mise en abyme. Mise en abyme qui n’est sans doute que le reflet d’une autre mise en abyme de l’autrice.

En conclusion, 
Voilà un roman que j’ai voulu faire durer pour pouvoir en profiter le plus longtemps possible… Or en 2 jours, il était déjà terminé tellement, j’ai été happé par la magie et l’onirisme de Midnight City. Un roman riche en magie, en onirisme mais aussi en réflexion poussée sur l’écriture et la nature de l’écrivain·e qui m’ont beaucoup intéressé.
Alors je sais que j’aime beaucoup les univers de l’autrice (donc que je suis absolument subjective sur le sujet 😉 ) mais je trouve que ce roman est vraiment une très belle histoire qui mérite amplement d’être lue et que Rozenn est loin d’être une imposteuse (impostrice ? ) en tant qu’autrice ❤ et j’espère pouvoir lire encore ses histoires (et il m’en reste un bon paquet à lire dont Le Phare au Corbeau 😉 et si j’ai bien compris, une suite à ce roman aussi)

 

Articles associés : Le chat qui a peur des Ombres, 18.01.16, Fêlures, Notre-Dame de la Mer, Le Rêve du Prunellier,
D’autres avis chez : Mana, Ottoromanzi,
Pour aller plus loin : Le site/blog de l’autrice, Instagram (où elle est assez active avec de jolies images 🙂 ) et Wattpad pour lire plein de ses écrits 🙂
Pour aller découvrir le livre et vous donner envie de le lire : Le Prologue, Le Chapitre 1

La Magie du Rangement – Marie Kondo

Synopsis :
Mettre de l’ordre dans votre intérieur afin d’améliorer votre quotidien et changer littéralement votre vie : voilà de quoi il s’agit ! Vous êtes dubitatif ? Laissez-vous surprendre par la méthode de Marie Kondo qui a déjà séduit plus de 2 millions de lecteurs dans le monde. Pourquoi un tel intérêt pour le rangement ? Parce que la vie commence seulement (véritablement) une fois que l’on a fait du tri. Dans cet essai pratique déjà best-seller, l’auteur nous explique simplement, mais fermement, d’oublier nos bonnes vieilles habitudes : passer une journée par an à tout jeter ne sert à rien ! S’attaquer à chaque pièce l’une après l’autre non plus. En procédant ainsi, dans quelques jours, vous nagerez de nouveau en plein désordre. Le rangement doit être un moment privilégié. Et chaque objet qui nous entoure doit nous procurer de la joie. Vraiment. Si ce n’est pas le cas, alors il faut s’en débarrasser. Tout de suite. Vous voulez en savoir plus? Entrez dans le monde magique du rangement, et attendez-vous à quelques surprises, car lorsqu’on y voit clair, notre regard sur la vie change.

Mon avis :
Voilà un moment que ce livre me posait question à force d’entendre parler de la fameuse méthode révolutionnaire de Marie Kondo. J’ai donc déniché l’ebook et j’en ai aussi profité pour regarde Tidying up with Marie Kondo, la série Netflix associée afin d’avoir une idée visuelle de la fameuse méthode.

 

Un livre agréable à lire mais parfois répétitif
Ce livre se lit assez rapidement, c’est un bon point, je n’avais clairement pas envie de buter sur un livre « pratique ». Ce n’est pas un livre « liste » mais plutôt un concentré d’anecdotes et de conseils. C’est donc assez agréable à lire.
D’ailleurs quand on le lit, on se dit que Marie Kondo n’a pas eu une enfance très heureuse. Alors certes elle n’a manqué de rien, mais elle était solitaire, elle a commencé à dévorer des livres et des magazines de « ménagères » (organisation, rangement, nettoyage…) à 5 ans et n’a jamais arrêté.
Elle se répète d’ailleurs très souvent dans le livre. Entre les divers chapitres mais aussi sur certains points comme son amour de l’organisation dès le plus jeune âge. Les répétitions m’ont donc un peu chafouiner, mais ils sont passés, grâce au côté « poétique »/ « posé » du discours (je mets ça sur le compte de la joliesse du japonais et donc de sa traduction)

Des conseils avisés mais pas toujours « faisables » selon moi
Pour trier, Marie Kondo dit qu’il faut passer par le tri, un tri immense. La Sérénité née du Chaos. Il faut sortir TOUT, absolument TOUT et trier, dire merci et avancer. Pour faire un tel tri, comme elle l’entend et comme on le voit dans la série, il faut du temps et ne pas avoir autre chose à faire. Clairement dans la série, ils mettent environ 30 jours pour réussir à tout faire et on voit à quel point ils sont épuisés (sans parler de l’immensité de leur maison et de leur possession ! ).
Personnellement, j’ai l’habitude de trier, j’ai aussi entrepris la méthode du un qui rentre, un qui sort, mais sans doute ai-je déjà le minimum qui me convient dans certaines catégories Pour les livres, et pas mal de « komono » (aka tout le reste de la maison qui n’est ni vêtements, ni livres, ni papiers) je ne suis pas encore au point mais pas loin.
J’ai toutefois apprécié la note sur les papiers en France… on ne jette pas n’importe quoi, et on se réfère à cette page 😉
Marie Kondo parle sans arrêt de jeter, il m’a fallu facilement les 3/4 du livre pour entendre parler de TRI, de DON et de réellement jeter … Alors que pour moi, il aurait fallu en parler dès le début du livre et pas aussi tard.
J’ai apprécié sa méthode de pliage, j’ai commencé à la mettre en pratique dans certains endroits de mon « dressing ». Toutefois autant pour mes draps, je suis convaincue, autant pour mes petites culottes et mes chaussettes, j’ai l’impression que ça ne change pas grand chose 😉 (Ohmy… j’ai parlé de mes culottes XD )

Des conseils parfois un peu bizarre
Au début l’idée d’avoir une étincelle de bonheur (le fameux « spark of joy ») en voyant mes chaussettes m’a paru assez absurde (mais bon erm ok, je kiffe mes chaussettes) tout comme l’idée de remercier mes objets ou ma maison.
Il y a aussi des choses qu’elle met en pratique qui me paraissent totalement insensées comme devoir vider son sac tous les jours pour le laisser se reposer… Pardon mais je n’ai qu’un seul sac, je n’en change pas tous les jours donc pour moi ce n’est pas concevable de le vider pour le re-remplir à la moindre sortie (même si je vide les trucs qui ne seront pas utiles genre les tickets de caisse ou ma liste des courses rayée)
D’ailleurs Marie Kondo parle toujours de sa « chambre » dans son livre… pas vraiment du reste de la maison. Comme si elle n’avait que cette pièce à gérer. Enfin, si elle parle du reste mais de façon assez « accessoire ». Et j’avoue que le ressenti que j’ai c’est qu’elle n’a pas d’enfants quand je lis son livre… Or dans la série, on voit ses 2 filles qui sont encore petites (et n’ont qu’un an d’écart) ET elle avoue dans le 7è épisode (sur 8) que sa maison n’est pas toujours maxi ordonnée depuis l’arrivée de ses enfants. Un constat qui m’a fait plaisir car on a parfois l’impression qu’elle est « Madame Parfaite »

Des conseils qui me m’ont parfois gêner à cause de mon vécu
En effet, sur certains points KonMarie a raison mais sur d’autres, j’ai bloqué. Genre sur les appareils ménagers/électroniques, elle dit de ne pas garder les notices… sur certains appareils ok (genre la lampe de poche, sérieux, je m’en fiche) mais pour ma machine à laver, niet, je garde… D’ailleurs je me suis retrouvée bien con en arrivant dans l’appartement où je vis dont la cuisine est équipé d’un four et d’une plaque ou encore du boitier qui sert à centraliser le chauffage… dont je n’ai pas les notices. je n’avais aucune idée de comment cela fonctionnait (si j’avais eu les notices, je ne me serais pas retrouver à faire cuire pendant 2h30 un gratin dauphinois parce que je ne savais quel programme du four choisir ou à me retrouver dans un appart à 15°C avec 1 bébé, en plein hiver parce qu’un bouton du boitier pour le chauffage avait été touché ! ). Parce qu’évidemment, je n’ai pas non d’infos sur les modèles, j’ai donc du passer plusieurs heures à fouiller et l’appareil et tous les boutons ET internet pour trouver une réponse… et même appeler mon proprio en urgence.
Idem sur sa notion de stock. Pour moi, il y a stock et stock. Ok il est inutile d’avoir 3 pots de la même épice mais sur certains produits de consommation courante, j’aime avoir un peu d’avance (genre de quoi faire +2-3 repas ou une plus grande quantité si sur un coup de tête on invite du monde) ou sur des choses telles que de la conservation (je vais pas jeter mes x pots de confitures maison non mais ! )

En conclusion
La Magie du Rangement est un livre somme toute intéressant, on comprend le besoin de trier de façon importante pour mieux faire le point sur notre consommation. Certains conseils sont avisés, le pliage est parfois révolutionnaire. Mais comme tout livre « pratique » il y a des choses à prendre et à jeter. Je ressors toutefois toujours intéressé par les avant-après.
La Série elle m’a fait sourire. En effet, les personnes choisies pour les 8 épisodes ont des quantités plus qu’astronomiques pour moi et n’ont pas forcément conscience du trop plein (pourtant visible et débordant) chez eux. Je ne suis pas une minimaliste extrême, j’ai encore beaucoup de possession mais en grandissant/vieillissant, j’ai commencé à trier le superflu pour avoir des choses qui me plaisent et me mettent en joie comme dirait Marie Kondo. (et je ne trie pas les affaires des autres, sauf celles de mes enfants quand la taille change 😉 )