Trolls et Licornes – Anthologie dirigé par Jean-Claude Dunyach

Synopsis : 
Quoi de commun entre la lourdeur disgracieuse d’un troll et la noble légèreté d’une licorne ? Entre une créature que la légende populaire associe à la virginité et une autre qui patauge dans la boue des bas-fonds ? Dix auteurs (dont un bicéphale) ont imaginé des rencontres improbables entre ces deux figures classiques de l’imaginaire, pour bousculer un brin les évidences et rappeler que les contes sont faits pour être détournés. L’anthologie comporte des textes plus gais que désespérants, l’époque ayant bien besoin de tendresse, d’humour et de licornes. De trolls aussi, soyons justes…
Les auteurs : Raphaël Albert, Pierre Bordage, Lionel Davoust, Jeanne A. Debats, Silène Edgar, Estelle Faye, Sophie Jomain, Sylvie Miller et Philippe Ward, Olivier Paquet, Adrien Tomas

Mon avis :
Après une conférence vraiment sympathique sur le sujet aux Imaginales, j’avais hâte de découvrir l’antho… Alors que je partais à reculons parce que je n’aime ni les licornes (trop chiante) ni les trolls (trop chiant)…
Après un mois de juin à patienter du retour de MJ et un Blacky très peu présent sur la toile, je me suis décidée à demander quand est-ce qu’on se lançait !
Après une petite mise au point et la présentation de Harry, Snape et Hagrid, c’était parti pour le tiercé gagnant (bah quoi ça sonne pareil qu’un tiercé avec dans le désordre : 50 nuances de MJ le poisson rouge, Blackwolf la boite de conserve à exterminer et Snow le flocon de neige fondu!)

Préface – Jean-Claude Dunyach
On commence drôlement bien l’antho ! M.Dunyach nous explique avec une conscience quasi scientifique pourquoi et comment ont été choisi les deux bestioles de cette année, nous conte rapidement leurs origines et part parfois en vrille tout en restant un minimum sérieux. Ça promet pour la suite ! En tout cas j’applaudis la performance de M.Dunyach d’avoir réussi à placer un troll du net et des Little Pony (pardon mais je vois ça quand j’entends Little Pony)

Jötnar – Jeanne-A Debats
Une nouvelle sombre à la mythologie nordique assez développée (ça tombe bien je connais pas bien) qui dénote franchement avec la préface (même si on y retrouve 2-3 éléments).
Même si la nouvelle est pas trop mal fichue, cette entrée en matière m’a parue un peu froide, même si on dénote une petite touche d’humour dans la toute fin de la chute !

La Chasse à la Licorne – Estelle Faye
Une nouvelle qui sent la paillette de licorne dès les premières lignes mais qui en fait… non et c’est tant mieux !
J’ai beaucoup aimé les 2 duos (les villageois et les nobliaux) qui sonnaient parfaitement justes. J’ai bien aimé le retournement de situation… de la licorne. On nous balance quelque chose qui y ressemble et finalement… sacrée licorne 😛 Elle avait l’air sympa cette sortie dans la clairière !

Ekasrinn – Pierre Bordage
Cette année, Pierre Bordage est parti sur un nouveau sentier. Contrairement aux autres années relativement « fantasy très classique », cette année, on touche à l’urban fantasy (non pas Bit Lit ! ). Le troll n’est en fait qu’un gosse de cité assez caïd pour se faire respecter et qui met toutes les donzelles dans son lit (qu’elle le veuille ou non d’ailleurs :/ ) jusqu’au jour où il croise Ekasrinn (quel nom étrange ! ). Sauf que pour moi, ce jeune homme ne se remet pas assez en question et que la fille n’est pas très claire dans son jeu aussi…
En bref, du mieux, mais pas encore ça pour moi…

Bienvenue à Magicland – Lionel Davoust
Une très bonne nouvelle ! (et je ne dis pas ça parce que j’adore l’auteur ! )
Elle sent le vécu (bon pas dans un MagicLand mais quelque chose comme un MarineLand 😛 ) et permet de nous donner différents points de vues sur ces établissements. J’ai apprécié le troll « amoureux » des licornes et la question qu’il se pose sur le reproduction dont la réponse est donnée en chute ! Je ne m’y attendais pas !

Touellerezh – Olivier Paquet
Une nouvelle sympathique mais trop courte !
En effet, il manque un peu de ceci, un peu de cela, on aurait aimé en avoir un peu plus… Il y a d’ailleurs quelques « incohérences » dans la fin de la nouvelle qui font faire « hein et ça s’est passé quand ça ? »

Le Troll médecin – Silène Edgar
Décrit comme une variation de L’Amour médecin de Molière (que je n’ai jamais lu mais qu’il faudra que je lise du coup) très sympathique !
J’ai aimé y voir des licornes abruties et des trolls érudits (et il ne faudrait pas que ça change 😛 )

Le Double Destin du Taquin (ou Comment parfois reculer au lieu de jouer au Malin pour ne pas se faire… Bousculer) – Raphaël Albert
Bon alors même si j’ai tendance à être réticente avec les poèmes, j’ai bien ri avec celui-ci qui est for amusant et dont le travail des rimes et des mots est assez impressionnant variant entre les termes châtiés et l’argot en passant par le graveleux. Heureusement que le poème n’est pas plus long, il se suffit comme ça.
J’ai apprécié l’histoire contée avec ses retournements de situation (licornesque) mais aussi la position de notre conteur qui… ne sait pas toujours se taire 🙂

Les Yeux du troll – Sophie Jomain
Prévenue par l’auteure herself qu’en aucun cas nous aurions droit à une histoire graveleuse et sanguignolente de licorne et de troll, cette nouvelle est une parenthèse de fraicheur et une histoire très choupi-mignonne et poétique de troll et de licorne.
Même si, pour une grande enfant comme moi, la fin est quand même assez prévisible, mais bon ça reste mignon tout plein 🙂 .

Trolls, Licornes et Bolognaise – Adrien Tomas
Alors là, je suis déçue… enfin oui et non… j’ai kiffé, ça partait bien, l’univers était placé, l’héroïne était placée, l’intrigue était vraiment bien partie pour qu’on mène l’enquête (oui parce que cette nouvelle c’est de l’urban fantasy policière, ça pourrait presque être de la bit lit 😛 ) et pif paf pouf ça retombe comme un soufflé alors que j’étais prête à réclamer un roman ! Donc j’ai bien aimé, mais dommage que la fin aille si vite !

Dans la tête de Georg Trollevitch – Sylvie Miller et Philippe Ward
Vu ce que j’en avais entendu, je n’avais hâte de lire cette nouvelle ! On se retrouve dans un monde parallèle trèèèèèès semblable (en terme de nom de gens et de lieux) à un festival trèèèèèès connu de l’Est de la France ayant lieu en mai ! On y suit donc Georg (et j’ai eu du mal à l’identifier parce que… je n’ai découvert que le vrai George, de loin cette année ! ) qui n’aime pas trop la human fiction et qui fait tout pour qu’un festival le promouvant arrête ça au plus vite ! Bon on a de l’humour pipi/caca mais bon j’ai ri 😛  et j’ai aimé jouer à retrouver les vrais gens, les vrais lieux, les vrais livres et les moments décrits par nos deux auteurs ! (Faudrait que je continue avec Lasser tiens ! )
[ah et oups une coquille s’est glissé dans la nouvelle ;)]

En conclusion,
Cette année pas d’énorme déception, ni de véritable coup de cœur. Pas non plus de véritables découvertes d’auteurs car j’ai déjà lu au moins une nouvelle (ou un roman) de chacun d’entre eux (enfin sauf pour Sophie Jomain et Silène Edgar, j’en ai tellement entendu parler que c’est comme si je les avais déjà lues ! ). Ce fut donc un plaisir de retrouver la plume drôle ou sérieuse de chacun !
Au départ le thème ne me tentait absolument pas vu mon affinité envers ses deux bestioles, mais les auteurs ont sur rendre intéressant ce bestiaire de façon originale.

D’autres avis chez mon trinôme de LC :  MarieJuliet et Blackwolf

Et si c’est pas la grande classe, cette lecture (et donc cet article) compte pour le combo CRAAA et S4F3 😛
S4F3logo CRAAA bis

Articles associés : Victimes et Bourreaux, Reines et Dragons, Elfes et Assassins, Bardes et Sirènes

Les Créateurs – Thomas Geha

Synopsis : 
Il était une fois rien du tout. Il était une fois six histoires où le lecteur se retrouve confronté à des situations improbables, quoiqu’étrangement familières. Et si vous pouviez faire revivre un être disparu ? Et si votre rêve le plus fou pouvait se réaliser ? Et si votre vie était factice ? Et si l’amour n’était qu’un éternel recommencement ? Et si, et si, et si.
Voulons-nous vraiment connaître le jardin secret des personnes que l’on aime ? Dans ce cas, la cécité et le silence ne sont-ils pas nos meilleurs alliés ? Quel prix sommes-nous prêts à payer pour le découvrir ?
Toutes les vies animées au coeur de ces pages participent à la création d’univers proches du nôtre ou éloignés, réalistes ou fantasmagoriques. Mais tous ces mondes, tous ces personnages, introduisent les mêmes questions essentielles : qui sommes-nous et d’où venons-nous ? Qui donc se cache derrière notre existence et nos destins ?
Le recueil de nouvelles n’espère toutefois pas répondre à ces questions, il les explore avec toujours la même ambition : découvrir un peu de ce que nous sommes.

Mon avis :
Parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de nouvelles, que ce recueil me faisait de l’œil depuis loooooongtemps à cause de sa couverture surtout et parce que, comment ne pas craquer pour ce petit oiseau. Maaaaais malheureusement, jamais je n’avais le budget pour me l’offrir… C’est alors que lors d’un colis noëliversairesque (mais si ça se dit ! ) de la part de Lelf (et un peu Herbie aussi)… Il était LÀ !
Et puis j’ai découvert un certain Xavier Dollo (+/- apparenté à ce fameux Thomas Geha :P) cette année et 2 nouvelles de l’auteur auparavant, alors autant continuer 🙂

Je ne peux commencer mon avis en remarquant à nouveau la superbe couverture du livre de Gaglain.inc (Alors que je possède 2 autres livres dont il est l’auteur des couvertures ! ). Je ne connais pas l’artiste mais j’avoue être vraiment tombée sous le charme de cette couverture mais aussi de la 4è avec son petit pantin de bois.
J’ai aussi lu avec attention la préface faites par les parents d’un certain Lasser pour prendre le temps de me plonger dans ce recueil en sachant dans quoi j’allais mettre mon nez sans trop en dévoiler mais en découvrant un peu plus le personnage qu’est l’auteur 🙂

La Voix de Monsieur Ambrose.
Une nouvelle entraînante pour commencer ce recueil, comme si on y était, comme si le temps était remonté au XIX° l’espace d’une nouvelle. L’histoire de Monsieur Ambrose nous amène dans une histoire fantastique (dans le sens du terme en littérature) avec des airs de La Peau de Chagrin ou de l’Homme à la Cervelle d’Or. J’ai aussi beaucoup apprécié les détournements d’œuvres et de personnages célèbres dans cette nouvelle.

Là-bas.
Une nouvelle entre passé et présent (enfin si on considère que 2004 est le présent 😉 ) nous contant par bribe entre les 2 époques la même histoire et sa raison… Le réveil du Golem.

Copeaux.
Cette nouvelle, il me semblait l’avoir déjà lu puisque j’avais téléchargé le calendrier de l’avent de la ville de Reims pour lequel elle avait été écrite… Mais en fait non. J’ai donc découvert ce conte de Noël qui n’en est pas vraiment un. Une triste mais très jolie histoire d’amour à retardement qui m’a énormément touché… au point de finir la nouvelle avec une larme d’émotion au coin de l’œil.

Bris.
Une longue nouvelle, la plus longue de ce recueil. Une nouvelle qui prend son temps de nous faire découvrir un environnement étrange accompagné de Brice/Bris, un homme amnésique dans la quête de sa mémoire.

Dans les jardins.
Encore une fois, une nouvelle entre passé et présent mais de manière différente. Tout commence maintenant pour mieux nous conter l’histoire de Kaddiern et de Marguerite dans le passé. Une histoire assez surprenante mais tellement jolie à lire !

Sumus Vicinae.
La dernière du recueil. Même si elle est très joliment écrite, qu’elle est entraînante, je ne pense pas l’avoir entièrement saisie. J’ai été assez perdue par ce monde parallèle étrange. J’ai toutefois aimé la présence des notes, de la musique à la place de l’eau 🙂

En conclusion,
Un recueil fantastique/SF avec une plume très jolie et entraînante qui nous fait passer par diverses émotions et donne envie de continuer à découvrir d’autres facette de l’écrivain… Et ça tombe bien, puisque je suis loin d’avoir découvert toute sa bibliographie

D’autres avis chez : BlackWolf, Lune, Mypianocanta
Articles associés : Bardes et Sirènes, Reines et Dragons, American Fays
Pour aller plus loin : Le blog de l’auteur, Le mois de Thomas Geha (le bilan où on retrouve tous les liens) chez Bookenstock

Et puisqu’on est dimanche, c’est une chronique estampillé DJLNN 🙂

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