La Guerre du Pavot, tome 1 – R.F. Kuang

Synopsis : Dans un monde médiéval, deux pays s’affrontent depuis des siècles : un immense empire, Nikara, et une petite île, Mugen. Jeune orpheline, Rin décide de tout faire pour échapper au mariage qu’ont arrangé ses parents adoptifs. Aidée d’un bibliothécaire qui s’est pris d’affection pour elle, elle se met à étudier en vue du concours Jeju, qui donne aux enfants les plus brillants du pays accès à l’académie militaire de Sinegard, chargée de former les futures élites de l’empire. Après sa formation, sous l’égide d’un vieux maître fantasque et mystérieux, qui va peu à peu l’éveiller aux pouvoirs chamaniques qui sont les siens, la guerre larvée éclate de nouveau, sous les coups de boutoir de Mugen. L’académie est dissoute et ses membres affectés à l’une des douze divisions des Douze Provinces qui composent l’empire. Rin rejoint les sicaires de l’impératrice. Sous le commandement d’Altan, elle va devoir apprendre à maîtriser la force que lui prêtent les dieux pour tenter de venir à bout de Mugen.

Mon avis
Quand j’ai lu le pitch, juste après avoir lu le Guide des Genres et Sous Genre de l’imaginaire, j’ai trouvé ça assez « rafraichissant » et pile dans une des catégories dites « montantes » de la fantasy. En effet, rare sont les livres de fantasy « asiatique » (je crois que ma dernière mémorable (by myself) c’était Cœur de Jade (qui est beaucoup plus jeunesse et moins militaire et date de 2011 ^^’ ). Bon je sais qu’il y en a eu d’autres mais euh le pitch ne m’accroche par forcément 😉

artwork de Rin ©colouranomaly

Un tome, 2 ambiances
Ce tome est divisé en 3 parties mais surtout en 2 ambiances.
En effet, la 1ère partie part comme une histoire d’apprentissage, d’une jeune orpheline de guerre qui possède un tempérament assez butée pour se donner n’importe quelle moyen de réussir et sortir du trou où elle vit en intégrant la plus grande école militaire du pays. En gros, on est en plein dans du Young Adult avec des thématiques sur la formation, la quête de soi…
La seconde et la troisième partie sont bien différentes. On est en plein dark fantasy militaire. Ça devient vraiment sombre, la guerre éclate, des choix doivent être faits et on est loin du choix pour que tout soit tout beau à la fin. Il y a des scènes sacrément bien décrites et bien dégueux tellement c’est imagé et réalistes.

carte du Nikan et de Mugen (intérieur du livre)

Une fantasy basée sur le réel
Ce premier tome ne se cache pas, il nous parle des guerres sino-japonaises (fin XIXe – mi XXe) même si les noms sont différents et la géographie pas tout à fait la même et les noms bien différents.
Personnellement n’ayant pas de connaissances précises sur ces événements, j’ai trouvé ça très intéressant (même si on est en pleine guerre et qu’il y a des tonnes d’atrocités ! )

Le shamanisme en guise de magie
La Milice (l’armée nikara) possède une force extra-ordinaire et pas toujours appréciée : les shamans. J’avoue avoir été intéressé par ces personnes différentes et leur système de magie où le prix à payer est toujours le prix fort. J’ai aussi apprécié reconnaître certains points mythologiques que je connais permettant de ne pas être entièrement perdu dans un univers loin de la fantasy médiévale européenne que j’ai bien plus l’habitude de lire.

En conclusion,
Un premier tome qui nous fait partir sur du Young Adult relativement classique pour prendre un virage plus « dark » et bien plus militaire, le tout dans un univers pas « courant ». Un tome puissant qui j’espère ne tombera pas comme un soufflé par la suite.

on évitera de parler de la couverture pas terrible et du non respect de la description de Rin (oui c’est sensé être elle, décrite comme une jeune fille à la peau « trop foncée » voire « basanée » (dixit l’autrice) et soyons d’accord, elle a le teint trop « porcelaine »)


D’autres avis chez : Chut Maman Lit, Apophis, Lorhkan
Pour aller plus loin : un extrait en ligne