La Maison des Épines – Rozenn Illiano


Synopsis
Ne réveillez pas ce qui dort sous la Maison des Épines…
Novembre 1900. Mime au cœur brisé, Sonho assiste à la fin du légendaire cirque Beaumont, qui ferme ses portes après des décennies à sillonner les routes d’Europe. Le cirque représentait tout pour lui – sa maison, sa famille, ses rêves. Sa mission, aussi, confiée à la troupe par sa fondatrice : le père de cette dernière avait prophétisé la venue d’un orphelin qui changerait le monde, un enfant que Sonho espérait plus que tout retrouver.
Résigné, perdu, le mime abandonne tout derrière lui. Il suit alors sa sœur Augusta, qui souhaite ouvrir un orphelinat afin de mettre les enfants du cirque à l’abri. Et quoi de mieux que la demeure dont elle a hérité de ses ancêtres pour y installer tout ce petit monde ? Situé au cœur d’une forêt non loin de Londres, le domaine de Blackthorn Hill ressemble à un paradis.
Mais comme dans toutes les vieilles bâtisses, l’on y croise des ombres et des rumeurs, des mystères insondables, des vérités qu’il ne faut surtout pas exhumer. Que cache la Maison des Épines ? Quels secrets renferme-t-elle, ainsi protégée par son armée de prunelliers ? Qu’y a-t-il derrière cette porte fermée à clef dans le sous-sol ?
Entre rêves, poésie et malédictions, découvrez la légende de Blackthorn Hill…

Mon avis :
Une nouvelle fois, j’ai répondu à l’appel de Rozenn Illiano pour lire sa prochaine parution en avant première (sous peine de croiser quelques petites coquilles 😉 ) et je vous publie mon avis, le jour de la sortie officielle 🙂
À la lecture du pitch, j’ai eu l’impression d’avoir croiser le personnage principal ailleurs et en effet, on ne fait que le croiser mais il m’avait marqué. Il s’agit bien du mime qu’on croise rapidement dans Érèbe (qui reste mon livre préféré ever niveau ambiance et décorum [excusez moi d’adorer un livre rempli de neige 😛 ]). J’étais donc curieuse de découvrir ce cirque magique et et cette maison étrange.

Un cirque étrange, une maison épineuse
Ce livre se concentre sur la vie d’une troupe de cirque. Un cirque étrange, totalement blanc et hypnotique et constitué d’orphelins particuliers… En effet, nombre d’entre eux ont des pouvoirs liés aux rêves.
La maison des épines portent très bien son nom. La maison est immense mais bordé de prunelliers… Ces arbres annonciateurs de la présence du rêve dans tous les livres du Grand Projet.
Deux ambiances sont reliés via des flashback entre ce qui se passe dans le présent de l’histoire et le passé du cirque et de la maison. C’est parfois troublant mais toute les pièces du puzzle finissent par s’emboiter pour résoudre l’énigme de la Maison des Épines.

Des personnages troublés et troublants
Le récit se concentre sur Sonho principalement mais aussi sa (grande) famille d’adoption. Chacun de ces personnages portent en eux des regrets, des deuils non faits qui créent des non-dit, des colères et surtout des failles dans cette famille qui semblait très unie.
Côté « passé », on découvre une nouvelle lignée, plus ou moins maudite qui à nouveau doit vivre avec ses regrets, sa magie étrange et ses deuils difficiles.
Même le Rêve, personnage intangible et inexplicable est présent mais pas pour apporté des rêves de douceurs mais plutôt nous remplir de cauchemars mais pas sans raison.

Indépendance et lien
Je trouve que Rozenn Illiano est vraiment forte sur ce point ! En effet, ce roman peut être une porte d’entrée dans son univers hyper vaste. Toutefois, si vous avez dejà « visité » quelque pan de l’univers du Grand Projet, vous trouverez des liens, parfois, juste des mentions, des personnages qui se croisent (ex, ici Sonho connait Lisbeth dont l’histoire se déroule dans Érèbe), des fois des indices sur d’autres livres. J’en ai reconnu certains mais si ça ne vous parle pas, ça ne dérange en rien l’intrigue du livre en cours ! J’aime beaucoup aller à la chasse aux indices (même si j’en loupe surement un paquet !) et tenter de remettre les choses dans l’ordre, comme un puzzle !

Quelques citations.
Ce n’est pas trop mon genre, mais là j’ai quelques passages qui m’ont parlé, que ce soit par leur message ou par leur poésie. (ils sont sans l’ordre chronologique du livre, sans spoil sur l’intrigue) :

Le reste se perd, déjà pris dans la trame de la normalité. Le temps semble reprendre son cours, soudain. Indifférent aux tourments, se moquant des peines qu’il inflige, il se remet à tourner après avoir suspendu son vol l’espace de quelques interminables secondes

Ariane lève les bras, les mains en coupe ; la neige tombe plus fort. La jeune femme recueille les flocons dans ses paumes, languissante, puis elle les porte à son cœur comme s’il s’agissait du plus beau trésor que ce monde ait à offrir, bougeant imperceptiblement, sans se hâter, le temps ralenti. Ensuite, elle incline la tête de nouveau et ferme les paupières, et se rendort, pour une heure ou pour un siècle.

Les esprits disparaissent lorsqu’on les pleure, disait Rose. Ils s’attardent quand on se raccroche à eux, et ils s’en vont quand on le leur permet, ce qui passe toujours par les larmes

En conclusion,
La Maison des Épines, c’est avant tout l’histoire de Sonho, un mime qui peine à faire son deuil, c’est l’histoire d’une famille « maudite », c’est l’histoire des rêves et de cauchemars qui envahissent littéralement la réalité.
Ce sont des moments dans le présent et le passé de l’histoire des personnages, des moments magiques, d’autres moins, parfois troublants et c’est surtout un livre prenant comme sait le faire Rozenn Illiano.

Pour aller plus loin : Le livre sur le site de l’autrice
Article associé : Érèbe

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L’Ombre dans la Pluie – Rozenn Illiano

Synopsis :
Parfois, les regrets nous hantent aussi sûrement que les fantômes…

Oxyde est un clairvoyant, un sorcier aux multiples pouvoirs qui s’avère aussi puissant que paumé. Il vit à Paris et bosse pour un patron de boîte de nuit mafieux à qui il rend de nombreux services ésotériques – et pas toujours légaux.Un jour de novembre, son ami Edgar, prêtre et exorciste, lui parle d’une vieille affaire, celle d’une jeune religieuse possédée morte dix ans plus tôt. Ils ont échoué à la sauver et ne se sont jamais pardonné cet échec. Oxyde surtout, qui n’en a gardé aucun souvenir.Aujourd’hui, Edgar y voit une occasion unique de réparer leurs erreurs. Mais l’esprit ne se laisse pas chasser ; pire, il réveille des blessures oubliées et des démons qu’Oxyde avait réussi à endormir au prix d’innombrables sacrifices. Cette enquête surnaturelle au cœur de Rome parviendra-t-elle à éteindre ses regrets, ou au contraire attisera-t-elle la magie incontrôlable qu’il possède et qui l’a toujours effrayé ?

Fantômes, secrets ancestraux et sœurs exorcistes, suivez l’Ombre dans la pluie !

Mon avis
Après avoir rencontré Oxyde dans UNE nouvelle qui m’a marqué il y a des années, puis l’avoir croisé dans un roman, j’étais plus que « hypée » de lire un roman à son propos (oui j’aurais pu lire la saga Town, mais elle est en réécriture, donc autant profiter d’un one shot)

Un livre parfait pour cet automne !
L’Ombre dans la Pluie sera la lecture parfaite pour Halloween 2022. Exorcisme, pluie constante, esprits et démons, chasseurs de démons et prêtres, tout cela est vraiment le mélange parfait pour une lecture d’automne. Toutefois c’est une lecture parfaite pour se rafraichir vu les température de cet été.
En effet, en plus de l’enquête mené par Oxyde, Edgar et d’autres, on y retrouve toujours le « roman d’ambiance » avec des décors et la météo qui joue énormément dans l’intrigue (comme c’était le cas, dans une ambiance et un décor différent… pour Érèbe).
L’enquête de ce livre est rondement bien mené au point que j’ai eu du mal à démêler les fils avec Oxyde et Edgar pour, comme eux, trouver la solution qui était bien plus complexe que je ne l’imaginais.

Des personnages complexes
Les personnages de ce livre ne sortent pas de nulle part, ils ont tous (y compris les personnages secondaires voire tertiaire) un passif, un passé, qui les rattrapent ou pas, qui expliquent qui et pourquoi ils sont ainsi. Tout cela les rend palpables et presque réels. Certains sont plus détaillés que d’autres et c’est normal : on aura plus besoin de savoir ce qui fait qu’Oxyde est Oxyde plutôt que qui est réellement Alpha. Certains personnage de passages tendent à se faire remarquer et donne envie d’en savoir plus (ce qui arrivera, je l’espère dans d’autres histoires)

Un livre indépendant comme toujours !
Comme à chaque fois (sauf série bien définie), avec Rozenn Illiano, les one shot sont indépendants et sont une nouvelle porte d’entrée dans son univers. Ici, on se retrouve dans notre monde contemporain (à quelques années près). On y découvre Oxyde et son vieil ami Edgar, mais aussi des bribes de leur passé liée à leur « enquête » et leur amitié présentes.
J’apprécie toujours de me replonger dans le Grand Projet. En effet, même si chaque livre est indépendant, on peut y croiser des personnages d’autres livres (sans qu’ils n’entravent la compréhension du livre en question). Ainsi on entends parler d’une certain Alpha, de Francesca et Côme ou encore d’Agathe. Ils ne sont que de passages, parfois juste cité, mais permettent aux habitués du Grand Projet de mettre les livres dans « l’ordre » et de voir des liens se tisser.

En conclusion,
Un livre avec une ambiance particulièrement automnale, une découverte d’Oxyde et de son ami Edgar, une affaire de possession complexe à déméler et toujours le plaisir de retrouver la plume fluide et juste de Rozenn Illiano. Que vous souhaitez découvrir sa plume ou en savoir plus sur son univers (et surtout Oxyde, on va pas se mentir ! ), ce livre est le bon !

Cette beauté de couverture numérique ! Dommage qu’elle soit en noir et blanc sur les liseuses !

Articles associés (en gros où on peut croiser Oxyde sur mon blog 😉 ) : Le Phare au Corbeau, 18.01.16, Fêlures
Pour aller plus loin : Le livre chez l’autrice (avec un extrait 😉 )
D’autres avis chez : Laird Fumble, CélineDanaé, …

Petit bonus avec la couverture papier « classique » (oui parce qu’il existe une version « de luxe » 🙂 ) J’aime toujours les couvertures « à corbeaux »