Adriel – Léo MX

Synopsis :
Adriel, jeune mage rêvant de gloire, se voit confier un poste important à la cour du roi sous le commandement d’un homme qu’il idolâtre. Ses parents imposent une seule condition à cette offre inespérée : qu’il reprenne en secret son identité de naissance féminine pour participer à des soirées mondaines et faire honneur à sa famille.
Quelques jours après son arrivée, Adriel découvre l’existence d’un complot visant à assassiner la princesse. Grâce à sa double identité féminine et masculine, il décide de mener l’enquête pour confondre le traître. Protecteur de la famille royale le jour, il se sert de son alter ego Ophélia pour recueillir des confidences la nuit.
Mais à mesure qu’il navigue entre les pièges tendus par les gardes et les courtisans, il lui est de plus en plus difficile de jouer des rôles dans ce palais où tout le monde porte un masque…
Manipulé par des forces qui le dépassent, Adriel pourrait bien perdre son idéalisme et entreprendre un voyage jusqu’au bout de lui-même.

Mon avis :
Je ne sais plus trop comment je suis tombée sur ce livre dont le pitch m’a paru simple mais parfait pour faire une pause entre deux lectures plus exigeantes… et Finalement, ce court livre (oui je lis des livres court en ce moment ^^’ ) a toutefois été plus surprenant que je ne l’imaginais.

Une fantasy inclusive
Adriel est avant tout un roman de fantasy et de « cape et d’épée » queer. On y trouve des personnages de divers horizons (et franchement j’apprécie de plus en plus de voir de la diversité ! ). Les personnages parlent d’ailleurs de leur société trop fermée et conservatrice qu’ils aimeraient voir évoluer.

Adriel, un personnage complexe
Adriel est vraiment un personnage complexe, Il est présenté comme un jeune mage, mais il est bien plus que ça. Adriel est en quête de lui même, ne sait pas trop ce qu’il est car il ne connait personne d’autres comme lui. La quête de soi est donc un pan tout aussi important de l’histoire que l’intrigue.

Une intrigue assez « facile »
Alors que la quête de soi d’Adriel est super intéressante, l’intrigue m’a paru assez basique, mais bien mené quand même. J’ai trouvé la solution de l’intrigue au moment de l’arrivée de celle-ci 😛 Alors même si j’ai compris le pot aux roses, j’ai apprécié la montée en tension et l’enquête mené par Adriel et sa bande ainsi que les étapes qui leur permettent d’y arriver.
J’ai aussi vu quelque petite faiblesses. En effet, il y a un système de magie nommé avec des couleurs et je trouve dommage d’avoir un développement précis dans un glossaire en fin de livre. L’information est distillée en très petite quantité dans le roman ce qui la rend assez vague et je trouve ce point bien dommage.

En conclusion,
Adriel est un roman agréable à lire, si l’auteur sort un autre roman, je pense m’y pencher car j’ai aimé son univers queer permettant de prendre conscience de la différence dans un univers fantasy. J’ai pu passer un très agréable moment avec ce livre qui m’a surpris plus que je ne m’y attendais à la simple lecture de la quatrième.

Pour aller plus loin : Le livre chez son éditeur

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La Maison des Épines – Rozenn Illiano


Synopsis
Ne réveillez pas ce qui dort sous la Maison des Épines…
Novembre 1900. Mime au cœur brisé, Sonho assiste à la fin du légendaire cirque Beaumont, qui ferme ses portes après des décennies à sillonner les routes d’Europe. Le cirque représentait tout pour lui – sa maison, sa famille, ses rêves. Sa mission, aussi, confiée à la troupe par sa fondatrice : le père de cette dernière avait prophétisé la venue d’un orphelin qui changerait le monde, un enfant que Sonho espérait plus que tout retrouver.
Résigné, perdu, le mime abandonne tout derrière lui. Il suit alors sa sœur Augusta, qui souhaite ouvrir un orphelinat afin de mettre les enfants du cirque à l’abri. Et quoi de mieux que la demeure dont elle a hérité de ses ancêtres pour y installer tout ce petit monde ? Situé au cœur d’une forêt non loin de Londres, le domaine de Blackthorn Hill ressemble à un paradis.
Mais comme dans toutes les vieilles bâtisses, l’on y croise des ombres et des rumeurs, des mystères insondables, des vérités qu’il ne faut surtout pas exhumer. Que cache la Maison des Épines ? Quels secrets renferme-t-elle, ainsi protégée par son armée de prunelliers ? Qu’y a-t-il derrière cette porte fermée à clef dans le sous-sol ?
Entre rêves, poésie et malédictions, découvrez la légende de Blackthorn Hill…

Mon avis :
Une nouvelle fois, j’ai répondu à l’appel de Rozenn Illiano pour lire sa prochaine parution en avant première (sous peine de croiser quelques petites coquilles 😉 ) et je vous publie mon avis, le jour de la sortie officielle 🙂
À la lecture du pitch, j’ai eu l’impression d’avoir croiser le personnage principal ailleurs et en effet, on ne fait que le croiser mais il m’avait marqué. Il s’agit bien du mime qu’on croise rapidement dans Érèbe (qui reste mon livre préféré ever niveau ambiance et décorum [excusez moi d’adorer un livre rempli de neige 😛 ]). J’étais donc curieuse de découvrir ce cirque magique et et cette maison étrange.

Un cirque étrange, une maison épineuse
Ce livre se concentre sur la vie d’une troupe de cirque. Un cirque étrange, totalement blanc et hypnotique et constitué d’orphelins particuliers… En effet, nombre d’entre eux ont des pouvoirs liés aux rêves.
La maison des épines portent très bien son nom. La maison est immense mais bordé de prunelliers… Ces arbres annonciateurs de la présence du rêve dans tous les livres du Grand Projet.
Deux ambiances sont reliés via des flashback entre ce qui se passe dans le présent de l’histoire et le passé du cirque et de la maison. C’est parfois troublant mais toute les pièces du puzzle finissent par s’emboiter pour résoudre l’énigme de la Maison des Épines.

Des personnages troublés et troublants
Le récit se concentre sur Sonho principalement mais aussi sa (grande) famille d’adoption. Chacun de ces personnages portent en eux des regrets, des deuils non faits qui créent des non-dit, des colères et surtout des failles dans cette famille qui semblait très unie.
Côté « passé », on découvre une nouvelle lignée, plus ou moins maudite qui à nouveau doit vivre avec ses regrets, sa magie étrange et ses deuils difficiles.
Même le Rêve, personnage intangible et inexplicable est présent mais pas pour apporté des rêves de douceurs mais plutôt nous remplir de cauchemars mais pas sans raison.

Indépendance et lien
Je trouve que Rozenn Illiano est vraiment forte sur ce point ! En effet, ce roman peut être une porte d’entrée dans son univers hyper vaste. Toutefois, si vous avez dejà « visité » quelque pan de l’univers du Grand Projet, vous trouverez des liens, parfois, juste des mentions, des personnages qui se croisent (ex, ici Sonho connait Lisbeth dont l’histoire se déroule dans Érèbe), des fois des indices sur d’autres livres. J’en ai reconnu certains mais si ça ne vous parle pas, ça ne dérange en rien l’intrigue du livre en cours ! J’aime beaucoup aller à la chasse aux indices (même si j’en loupe surement un paquet !) et tenter de remettre les choses dans l’ordre, comme un puzzle !

Quelques citations.
Ce n’est pas trop mon genre, mais là j’ai quelques passages qui m’ont parlé, que ce soit par leur message ou par leur poésie. (ils sont sans l’ordre chronologique du livre, sans spoil sur l’intrigue) :

Le reste se perd, déjà pris dans la trame de la normalité. Le temps semble reprendre son cours, soudain. Indifférent aux tourments, se moquant des peines qu’il inflige, il se remet à tourner après avoir suspendu son vol l’espace de quelques interminables secondes

Ariane lève les bras, les mains en coupe ; la neige tombe plus fort. La jeune femme recueille les flocons dans ses paumes, languissante, puis elle les porte à son cœur comme s’il s’agissait du plus beau trésor que ce monde ait à offrir, bougeant imperceptiblement, sans se hâter, le temps ralenti. Ensuite, elle incline la tête de nouveau et ferme les paupières, et se rendort, pour une heure ou pour un siècle.

Les esprits disparaissent lorsqu’on les pleure, disait Rose. Ils s’attardent quand on se raccroche à eux, et ils s’en vont quand on le leur permet, ce qui passe toujours par les larmes

En conclusion,
La Maison des Épines, c’est avant tout l’histoire de Sonho, un mime qui peine à faire son deuil, c’est l’histoire d’une famille « maudite », c’est l’histoire des rêves et de cauchemars qui envahissent littéralement la réalité.
Ce sont des moments dans le présent et le passé de l’histoire des personnages, des moments magiques, d’autres moins, parfois troublants et c’est surtout un livre prenant comme sait le faire Rozenn Illiano.

Pour aller plus loin : Le livre sur le site de l’autrice
Article associé : Érèbe