Meute – Karine Rennberg

Synopsis :
Roman atypique lycanthrope, Meute suit les traces de Nathanaël, Val et Calame. Le premier est un loup-garou né de la violence et la solitude qui se débat au sein d’une meute qui ne lui convient pas. Le second est un humain à qui l’on a volé la voix. Quand le troisième entre dans leur vie bien malgré eux, des tensions s’installent et menacent de tout déchirer. Comment trouver son équilibre, dans un monde où les secondes chances n’existent pas ?
Ce récit fantastique est avant tout celui d’une tranche de vie, de ce moment où tout bascule entre le noir et la couleur.

Mon avis :
Les Loups-garous sont un thème que j’aime beaucoup, mais j’ai toujours peur du cliché « bit lit ». Le pitch m’a toutefois bien parlé. Je me suis donc lancée dans cette lecture !

Une narration originale
J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire du fait de la narration en « tu ». C’est assez déroutant au départ puis au bout d’une 100aine de pages, j’ai fini par m’habituer. Je n’avais jamais vu ce type de narration. Le « tu » ne s’adresse pas au lectorat mais il désigne le personnage que l’on suit… et comme on suit 3 personnages différents, il faut un petit temps d’adaptation

Un roman sur la différence, la bienveillance et la souffrance
Comme dit précédemment, on suit 3 personnages.
Ils sont tous totalement différents, que ce soit Nath, le loup non volontaire, gosse de rue ; Val, le membre de gang, toujours prêt à jouer le grand frère apaisant ou Loupiot/Calame, le loup rescapé qui a bien morflé et a du mal à faire confiance. Ces 3 jeunes gens ont des passifs relativement compliqués qui les ont forgés différemment. Ces garçons, (enfin surtout Nath et Val) vont devoir apprendre à apprivoiser, à accepter les différences, les comprendre de Calame.

Un post apo différent
En général, dans les post apo, on a tendance à essayer de reconstruire le monde. Dans Meute, le monde est comme il est, loin d’être parfait, avec pas mal de violence* (surtout dans les Docks où se déroule l’essentiel de l’histoire). On ne sait pas trop les raisons, mais c’est comme ça…
Les gens font leur vie en essayant tant bien que mal de survivre du mieux qu’ils peuvent.

En conclusion,
Dès la 4è de couverture, Meute est décrit comme un roman atypique, on ne peut pas le nier. Il est toutefois intéressant à lire. J’ai aimé que les 3 personnages qu’on suit soit eux aussi atypiques.

*Il y a des scènes qui peuvent heurter la sensibilité des âmes sensibles, Le livre possède donc un page avec les quelques « Trigger Warning » existants dans l’histoire

Toujours une magnifique couverture par Zariel

Pour aller plus loin : une ITW de l’autrice sur le site d’ActuSF,
D’autres avis chez : Yuyine, Ours Inculte, Les Pipelettes en parlent
Livre disponible en papier et en numérique

Un éclat de givre – Estelle Faye

Synopsis :
Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.
Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

Mon avis :
Ceci est une relecture ! J’ai déjà lu ce livre en 2018 (à l’époque, je n’avais pas encore mon cerveau entièrement disponible). Je me souviens de l’avoir lu en début d’année et d’avoir réussi à publier une chronique assez lacunaire en été ! (La publication d’origine a disparu au profit de celle-ci 😉 )
J’en étais encore à la découverte d’Estelle Faye (aussi bien ses écrits que quelques rencontres IRL ou en ligne 😉 ) Depuis elle a une très bonne place dans mes auteurices chouchous !
C’est donc grâce à la réédition chez ActuSF dans un format très canon collector (même si je suis moins fan du vert de ce livre que du bordeaux d’Un Reflet de Lune et même si j’ai dans mon cœur la jolie couverture des Moutons 😉 ) que je reprends ma chronique !

Chet, un personnage imparfait
Dès les première ligne, il est difficile de rester indifférent à Chet. Chet c’est LE personnage qui ne essaie tant bien que mal de faire sa vie et qui malgré tout se retrouve dans des emmerdes pas possibles. Chet c’est ce personnage qui n’aime réellement que sa ville, qu’on veut consoler, à qui on souhaite un peu de bonheur. Bref, Chet c’est un coup de cœur à lui tout seul.

Paris un personnage à part entière
Paris n’est pas qu’une simple ville. Paris est tout ce qu’il reste après le Chaos et le Chaos n’a laissé que Paris. J’ai pris plaisir à visiter ce Paris que je ne connais pas, ce Paris poisseux, ce Paris trop plein, avec ses quartiers comme des villes dans la ville, ses habitants pas pas toujours entièrement humain. Ce Paris en strate, j’ai envie de dire… une de plus…
On sent dans ce livre l’amour de l’autrice pour Paris. Et Chet sans Paris… ça ne serait pas Un Éclat de Givre.

En Conclusion,
Une lecture très agréable, pleine de sentiments, de rebondissements…
Un livre formidable et toujours aussi bon même à la relecture (j’ai toujours un peu de mal à relire, j’ai toujours peur de ne plus retrouver la « magie de la première lecture »)
Au fil des années (j’ai découvert Estelle Faye en 2012-2013 ? dans une anthologie des Imaginales), l’autrice est devenue une de mes « chouchoues » j’apprécie de la lire dans les divers genres qu’elle aborde.

D’autres avis chez : Blackwolf, Le Naufragé, MarieJuliet, Jae_Lou, Lune, Cornwall, Dup
Articles associés : Un Reflet de Lune
Pour aller plus loin : Une superbe interview chez Les Chroniques du Chroniqueur (attention risque de spoil)